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Le texte qui suit est d’un ami troubadour, Digne Héritier du Trobar légué par les ancêtres . Il s'occupe d'un parc médiéval dont vous pouvez visiter le site ici : http://www.salva-terra.com/
Dans le texte ci-dessous, il se fait l'écho de Peire Cardenal, dénonçant les failles du Clergé . Bonne lecture .
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Il n'y a point d'autre siècle que le nôtre ! N'espérez pas un jour meilleur ... Ce monde n'a ni commencement, ni fin !
Car, croyez-moi, le temps est passé du salut de l'âme . Trop nombreux sont ceux qui obtinrent le rachat de leur place en Paradis, moyennant quelque obole chichement versée au moine prêcheur de passage .
Ce moine, s'il pria, sa prière ne fut entendue de nul Dieu, mais par ceux-là seuls qui l'avaient payé . Désireux qu'il était de donner le change, il pria du plus fort qu'il pût .
Et bien bernés sont ceux qui crurent en la promesse du Bonheur Eternel . C'est du feu de l'Enfer que ceux-ci seront brûlés, et c'est une éternité de craintes et de souffrances que connaîtront leurs âmes, parmi les plaintes et les cris d'une meute de démons assoiffés de leur sang !
Tandis qu'en Paradis... Qu'est-ce que c'est, le Paradis? Le Paradis, c'est une grande maison ! Imaginez une maison immense, dont les remparts s'étendraient de Toulouse à Carcassonne, une maison si grande, qu'une fois dedans, il y a tant à voir, que l'on ne se soucie plus de trouver la sortie !
Avec un toit si haut que l’œil de l'homme ne peut le voir, et se perd, d'étage en étage, de couloir en couloir, de chambre en chambre ... Et, dans chaque chambre, il découvre les âmes nues, baignant dans la verdure verdoyante, où coulent les sucs et les liqueurs, dont les âmes s'abreuvent avec délice et s'apaisent ...
Mais, n'allez pas croire qu'il y ait place, en cette maison de Paradis, pour toutes les âmes qui meurent en ce monde à chaque instant et viennent par troupeaux entiers frapper à la porte en réclamant leur dû .
Quel dû ? Qu'avez-vous donné ? Qu'avez-vous à offrir ? Je ne veux point compter l'aberration de vos péchés . Vous pourriez me les énumérer sans fin en confession, croyez-vous trouver là la clef du salut ?
Priez, si vous voulez, ces statues de bois que vous avez vous-même taillées . Mais donnez ! Seul importe le don, et si peu le pardon . Seul importe ce monde, et si peu l'autre .
Et Christ a été fait comme nous tous, en foutant et en merdant . Il n'y a point de pureté, ni plus de saleté : Il n'y a que le don ! Donnez tant que vous pouvez . Donnez à ce faux moine, donnez à cet histrion . Donnez-lui tout ce qu'il réclame . Donnez-lui dix, donnez-lui cent, donnez-lui mille ... coups de bâton !
Oyez, généreuse cour, un denier le coup de bâton . N'en donnez pas quatre, ni huit, donnez tout ce qu'il vous plaît . Payez ! Nous vous le rendrons bien . Car nous n'irons point en Paradis .
Hé! C’est chez Satan que l'on danse, nous aurons un jour maigre pitance ? Allons, il ne faut pas croire ce que l'on dit ...
La Mort, pour nous, c'est trop gentil, Tous les damnés de cette terre, Dont le trépas c'est d'être en vie, Auront connu deux fois l'enfer .
Refrain
La vie ici-bas rien ne vaut, Donnez, offrez, n'épargnez mie, Car en Enfer il fait trop chaud, Et l'Paradis est tout petit .
Dansons la Mort qui nous appelle . Seigneur, prélat, prince ou bâtard, Si à ton heure tu te rebelles, Elle vient te chercher tôt ou tard .
Refrain
La Mort sera la délivrance, De tous les maux de cette terre, Que j'ai connu depuis l'enfance, Bûchers, famines et pestes et guerres …
Refrain
Texte de Vercoquin - chanson co écrite avec son ami Yves Leschiera (ou Grand Flûtiau, qui n'est malheureusement plus de ce monde) © Tous droits réservés - Reproduction interdite |